Importer du Vietnam : ce que les PME doivent savoir en 2026

Pendant vingt ans, la Chine a été le réflexe naturel des importateurs français. Ce réflexe s’effrite. Les coûts de production chinois montent, les tensions commerciales rendent les droits de douane imprévisibles, et les ruptures logistiques de ces dernières années ont montré le danger de dépendre d’un seul pays. Beaucoup de PME appliquent donc une stratégie dite « Chine + 1 » : garder leurs fournisseurs historiques et ouvrir une seconde source ailleurs en Asie. Le Vietnam arrive souvent en tête de liste, et des structures comme Saigon Sourcing, agence de sourcing au Vietnam se sont développées pour accompagner ce mouvement. Encore faut-il aborder ce marché avec méthode.

Sommaire

  1. Pourquoi le Vietnam attire les importateurs
  2. Ce que change l’accord de libre-échange UE-Vietnam
  3. Les risques à anticiper
  4. Bien choisir un intermédiaire local
  5. Conclusion : les étapes d’un premier projet réussi

Pourquoi le Vietnam attire les importateurs

Le pays a exporté pour environ 470 milliards de dollars de marchandises en 2025, un record. L’électronique, les ordinateurs et les composants pèsent à eux seuls 106 milliards de dollars, en hausse de 46 % sur un an. Le textile-habillement dépasse 39 milliards et la chaussure approche 24 milliards.

Le coût de la main-d’œuvre reste nettement inférieur à celui des provinces côtières chinoises, même si les salaires minimums sont relevés régulièrement. L’écart se réduit, mais il demeure significatif sur les produits à forte intensité de travail manuel.

Le pays dispose aussi d’atouts structurels. Sa population dépasse 100 millions d’habitants, avec une main-d’œuvre jeune et formée aux métiers industriels. Ses ports en eau profonde, au nord comme au sud, sont reliés à l’Europe par des lignes maritimes régulières. Enfin, de nombreux industriels étrangers y ont déplacé une partie de leur production, ce qui a densifié le tissu de sous-traitants locaux.

SecteurCe que l’on y trouvePoint de vigilance
Textile et habillementConfection, vêtements techniques, sportswearTissus souvent importés, ce qui pèse sur l’origine
ChaussuresChaussures de sport, cuir, sandalesMinimums de commande élevés
MobilierMeubles en bois, mobilier d’extérieurTraçabilité du bois à documenter
ÉlectroniqueAssemblage, composants, accessoiresFilière dominée par de grands groupes étrangers

Ce que change l’accord de libre-échange UE-Vietnam

L’EVFTA est en vigueur depuis le 1er août 2020. L’Union européenne s’y engage à supprimer 99,7 % de ses droits de douane sur les produits vietnamiens en sept ans. En 2026, le démantèlement est donc presque achevé : la grande majorité des produits entrent déjà à taux zéro, et les dernières lignes tarifaires suivent d’ici 2027.

Cet avantage n’est pas automatique. Il dépend des règles d’origine : le produit doit être réellement « originaire » du Vietnam au sens de l’accord, et non simplement expédié depuis un port vietnamien. Pour l’habillement, par exemple, le tissu doit en principe être fabriqué au Vietnam ou dans l’Union, avec une tolérance pour les tissus sud-coréens. Or une part importante des matières premières textiles vient encore de Chine.

L’importateur doit aussi présenter une preuve d’origine valide, généralement un certificat EUR.1 délivré par les autorités vietnamiennes. Sans ce document, le droit commun s’applique. Avant de signer, il est prudent de vérifier le taux applicable à son code douanier sur le portail Access2Markets de la Commission européenne, puis de valider les formalités avec la douane française.

L’accord ne dispense pas non plus des autres obligations. La TVA à l’importation reste due, tout comme le respect des normes européennes : marquage CE pour les produits concernés, règlement REACH sur les substances chimiques, étiquetage textile ou sécurité des jouets. En cas de non-conformité, c’est l’importateur établi en France qui porte la responsabilité, et non l’usine.

Les risques à anticiper

Importer du Vietnam n’est pas plus dangereux qu’importer de Chine, mais les difficultés ne sont pas les mêmes. Quatre points reviennent le plus souvent :

  1. Qualité variable : le niveau diffère fortement d’une usine à l’autre, et un bel échantillon ne garantit pas la série.
  2. Délais : les usines dépendent de composants importés, et tout s’arrête pendant les congés du Têt, en début d’année.
  3. Barrière de la langue : l’anglais est moins répandu chez les fabricants de taille moyenne, ce qui multiplie les malentendus sur les spécifications.
  4. Vérification des usines : certaines sociétés se présentent comme fabricants alors qu’elles sous-traitent ou font du négoce.

S’y ajoute la question du transport. Un conteneur met généralement quatre à six semaines pour rejoindre un port français, hors temps de production et de dédouanement. Le choix de l’incoterm compte donc beaucoup : en FOB, l’acheteur maîtrise le fret et l’assurance, alors qu’en CIF il dépend du transitaire choisi par le fournisseur. Mieux vaut prévoir une marge de sécurité dans son calendrier.

La parade tient en quelques principes. Rédiger un cahier des charges précis et illustré. Faire auditer l’usine avant la commande. Prévoir une inspection avant expédition. Échelonner les paiements en fonction des étapes validées.

Bien choisir un intermédiaire local

Un premier projet se pilote difficilement à 10 000 kilomètres de distance. La plupart des PME passent donc par un agent ou une agence de sourcing. Tous ne se valent pas, et quatre critères permettent de faire le tri.

Le premier est la présence sur place. Une équipe installée au Vietnam peut visiter les usines, suivre la production et réagir en cas de problème. Un simple bureau commercial en Europe ne le peut pas.

Le deuxième est la spécialisation sectorielle. Un partenaire qui connaît déjà les ateliers de votre catégorie de produits vous évite des mois de recherche.

Le troisième est la transparence des tarifs. La rémunération doit être écrite noir sur blanc, qu’il s’agisse d’un forfait ou d’un pourcentage. Une commission cachée versée par l’usine crée un conflit d’intérêts.

Le dernier est le contrôle qualité. Demandez qui inspecte, à quelles étapes, selon quelle norme d’échantillonnage, et exigez des rapports avec photos.

Il faut aussi clarifier le périmètre de la mission. Certains agents se limitent à la recherche de fournisseurs, d’autres prennent en charge la négociation, le suivi de production et la logistique jusqu’au port. Un contrat écrit, qui précise les responsabilités de chacun en cas de litige, évite bien des déconvenues.

Pour aller plus loin, ce guide détaille comment choisir un agent de sourcing au Vietnam et les questions à poser avant de s’engager. Demandez dans tous les cas des références de clients européens, et contactez-les.

Conclusion : les étapes d’un premier projet réussi

Diversifier vers le Vietnam est une décision rationnelle en 2026, à condition d’avancer par étapes :

  1. Définir le produit, les volumes et le prix cible dans un cahier des charges détaillé.
  2. Vérifier le droit de douane et la règle d’origine applicables à son code douanier.
  3. Présélectionner plusieurs usines et les faire auditer sur place.
  4. Valider des échantillons, puis passer une commande test de taille limitée.
  5. Faire inspecter la marchandise avant expédition et exiger la preuve d’origine.
  6. Tirer le bilan avant d’augmenter les volumes.

Comptez en général plusieurs mois entre la première prise de contact et la réception de la marchandise. Ce temps n’est pas perdu : il sert à construire une relation de confiance avec le fabricant, ce qui pèse lourd dans la qualité des séries suivantes.

Auteur/autrice

  • Johan

    Passionné par l’univers de l'entreprise et du marketing, je publie sur entreprise-360.com des articles publi-rédactionnels.

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