Quel est le taux d’absentéisme lié à l’usure professionnelle en France cette année ?

En 2025, le taux d’absentéisme dans le secteur privé français atteint 4,3 %, en hausse de 3,3 % sur un an, selon l’étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis. Les arrêts longs et les troubles psychologiques, principaux marqueurs de l’usure professionnelle, concentrent l’essentiel des journées d’absence.

L’absentéisme lié à l’usure professionnelle en bref

Selon Malakoff Humanis (2026), le taux d’absentéisme dans le secteur privé s’établit à 4,3 % en 2025, soit une progression de 3,3 % sur un an. Ce chiffre repose sur le portefeuille Malakoff Humanis, à partir de données DSN anonymisées, pour l’année d’observation 2025. Il ne mesure pas isolément l’usure professionnelle, mais en constitue le principal indicateur agrégé disponible aujourd’hui en France.

Selon Malakoff Humanis (2026), près d’un salarié du privé sur trois (32 %) a connu au moins un arrêt de travail en 2025. Traduit en proportion de personnes concernées, l’absentéisme cesse d’être un phénomène marginal : il touche un tiers du salariat privé sur une seule année.

L’usure professionnelle se lit surtout dans la structure de ces absences. Les arrêts longs, souvent motivés par des troubles psychologiques ou des troubles musculosquelettiques (TMS), pèsent bien plus lourd en journées perdues que les arrêts courts liés aux épisodes infectieux saisonniers.

  • Taux d’absentéisme privé 2025 : 4,3 %
  • Évolution sur un an : +3,3 %
  • Salariés arrêtés au moins une fois : 32 %
  • Marqueurs d’usure : troubles psychologiques, TMS
  • Champ observé : secteur privé, données DSN

Sources et méthodologie des données 2025-2026

Aucune statistique publique ne mesure directement « l’absentéisme pour usure professionnelle ». Les ordres de grandeur proviennent donc du croisement de plusieurs sources : études d’assureurs et d’organismes de prévoyance, travaux de la DREES, données de l’Assurance Maladie et rapports parlementaires. Comprendre leurs périmètres respectifs est indispensable pour interpréter correctement les chiffres cités.

Selon Malakoff Humanis (2026), l’étude Absentéisme 2026 s’appuie sur le traitement anonymisé des déclarations sociales nominatives (DSN) couvrant 3,8 millions de salariés du secteur privé, avec 2025 pour année d’observation principale. La nature administrative de ces données, issues d’une déclaration obligatoire, limite les biais déclaratifs propres aux sondages.

Selon Malakoff Humanis (2026), cette même étude croise également l’analyse de 321 000 arrêts de plus de 30 jours, issus des données d’indemnisation médicale. Cette approche complémentaire permet de documenter les causes médicales des arrêts longs, là où les DSN renseignent surtout les volumes et les durées.

SourcePérimètreApport principal
Malakoff Humanis (DSN)3,8 M de salariés du privéTaux et durées d’absence 2025
Malakoff Humanis (indemnisation)321 000 arrêts > 30 joursCauses médicales des arrêts longs
DREESArrêts maladie indemnisésTendance longue 2010-2023
Assurance Maladie / SénatBranche AT-MPMoyens de prévention de l’usure

Chiffres clés de l’absentéisme par usure en France

La dynamique de fond précède la période récente. Selon la DREES (2024), le volume d’arrêts maladie indemnisés, hors arrêts dérogatoires Covid, a augmenté en moyenne de 2,3 % par an entre 2010 et 2019, puis de 3,9 % par an entre 2019 et 2023. L’accélération post-2019 traduit une usure croissante des collectifs de travail, au-delà du seul effet de la crise sanitaire.

Le marqueur le plus net de l’usure reste la concentration des journées perdues sur un petit nombre d’arrêts longs. Selon Malakoff Humanis (2026), les arrêts de plus de 60 jours représentent 9,4 % des arrêts en 2025, mais 63,8 % des journées d’absence. Autrement dit, moins d’un arrêt sur dix génère près de deux tiers du temps de travail perdu.

Cette structure oriente la lecture des causes. Les arrêts courts relèvent majoritairement d’épisodes aigus, tandis que les arrêts longs concentrent troubles psychologiques, TMS et pathologies chroniques : trois familles directement associées à l’usure professionnelle, à l’exposition prolongée aux contraintes physiques et à la dégradation de la santé mentale au travail.

Les dynamiques varient aussi selon les territoires et les dispositifs d’accompagnement. Concernant l’évolution du nombre de bénéficiaires isérois du conseil en évolution professionnelle en 2024, Zohra Farrugia évoque « une hausse de 9,8 % par rapport à 2023 » (Mesinfos.fr, 2025), signe d’une demande croissante de repositionnement professionnel.

IndicateurValeurPériode
Taux d’absentéisme privé4,3 %2025
Salariés avec au moins un arrêt32 %2025
Part des arrêts > 60 jours9,4 %2025
Part des journées liées à ces arrêts63,8 %2025
Croissance annuelle des arrêts indemnisés+3,9 %2019-2023

Se faire accompagner quand l’usure professionnelle s’installe

L’usure professionnelle touche particulièrement les métiers exposés aux contraintes physiques répétées et aux fortes charges relationnelles : soin et aide à domicile, bâtiment, logistique, propreté, transport. Pour les actifs concernés, envisager une évolution avant l’arrêt long constitue un levier de prévention concret.

En Auvergne-Rhône-Alpes, Mon CEP par Avenir Actifs propose un service public gratuit et confidentiel de conseil en évolution professionnelle, ouvert aux salariés du privé comme aux travailleurs indépendants. Les rendez-vous se tiennent en agence ou à distance, sans condition de projet formalisé, avec un conseiller dédié.

Avenir Actifs s’appuie sur 130 sites d’accueil répartis dans la région, selon Lyon Entreprises (2025), et a accompagné 25 403 bénéficiaires en 2025 contre 26 094 en 2024, selon Centre Inffo (2026). Le taux de satisfaction atteignait 96 % en 2024, selon le rapport régional relayé par Lyon Entreprises.

La demande d’accompagnement progresse localement. À propos de l’évolution du nombre de bénéficiaires isérois du CEP en 2024, Zohra Farrugia relève « une hausse de 9,8 % par rapport à 2023 » (Mesinfos.fr, 2025). Perte de sens, épuisement, restructuration ou contraintes physiques devenues insoutenables figurent parmi les motifs de sollicitation les plus fréquents d’Avenir Actifs, en amont comme en aval d’un arrêt de travail.

Perspectives et enjeux pour les salariés exposés

La trajectoire haussière observée depuis 2010 s’explique par plusieurs facteurs structurels : intensification du travail, dégradation de la santé mentale, vieillissement de la population active et allongement des carrières. Ces déterminants rendent peu probable un reflux spontané de l’absentéisme à court terme, indépendamment des variations conjoncturelles annuelles.

Les pouvoirs publics ont répondu par des moyens dédiés. Selon l’Assurance Maladie (2026), le Fonds d’Investissement dans la Prévention de l’Usure Professionnelle (FIPU), créé en 2023, est doté d’un milliard d’euros sur cinq ans. Il finance notamment des actions ciblant les facteurs ergonomiques, pilotées par la branche AT-MP.

Cette montée en charge se traduit dans les dépenses. Selon le Sénat (2025), les actions de prévention financées par le régime général ont augmenté de 29,4 % en 2025, sous l’effet de la montée en charge du FIPU. L’effort institutionnel s’accélère donc concrètement.

À l’échelle individuelle, plusieurs leviers restent mobilisables avant le point de rupture : visite de préreprise avec la médecine du travail, aménagement de poste, bilan de compétences, projet de transition professionnelle ou conseil en évolution professionnelle. Agir tôt limite le risque d’arrêt long et de désinsertion professionnelle durable.

FAQ – Absentéisme et usure professionnelle en France

Quel est le taux d’absentéisme en France en 2025 ?

Selon Malakoff Humanis (2026), le taux d’absentéisme dans le secteur privé atteint 4,3 % en 2025, en hausse de 3,3 % sur un an. Ce chiffre est calculé à partir de données DSN anonymisées portant sur 3,8 millions de salariés. Il agrège toutes les causes d’arrêt, sans isoler spécifiquement l’usure professionnelle, qui se lit surtout dans les arrêts longs.

Quelle différence entre usure professionnelle, burn-out et TMS ?

L’usure professionnelle désigne l’altération progressive de la santé résultant d’une exposition prolongée à des contraintes de travail. Le burn-out en est une manifestation psychologique, caractérisée par un épuisement lié au travail. Les troubles musculosquelettiques (TMS) en sont l’expression physique, touchant articulations, muscles et tendons. Burn-out et TMS constituent donc deux formes d’usure aux origines communes.

Pourquoi les arrêts longs sont-ils un indicateur d’usure ?

Parce qu’ils traduisent des pathologies installées et non des épisodes passagers. Selon Malakoff Humanis (2026), les arrêts de plus de 60 jours représentent 9,4 % des arrêts en 2025 mais 63,8 % des journées d’absence. Cette concentration révèle que la charge réelle de l’absentéisme repose sur des situations durables, généralement liées à des troubles psychologiques ou musculosquelettiques.

L’absentéisme augmente-t-il depuis plusieurs années ?

Oui, avec une accélération marquée après 2019. Selon la DREES (2024), le volume d’arrêts maladie indemnisés, hors arrêts dérogatoires Covid, progressait de 2,3 % par an entre 2010 et 2019, puis de 3,9 % par an entre 2019 et 2023. Cette tendance longue reflète des évolutions structurelles du travail et de la démographie active, au-delà de la crise sanitaire.

Quels dispositifs publics financent la prévention de l’usure ?

Le principal outil est le Fonds d’Investissement dans la Prévention de l’Usure Professionnelle. Selon l’Assurance Maladie (2026), le FIPU, créé en 2023, dispose d’un milliard d’euros sur cinq ans pour financer des actions ciblant notamment les facteurs ergonomiques. Selon le Sénat (2025), les actions de prévention du régime général ont progressé de 29,4 % en 2025 grâce à sa montée en charge.

Que faire quand on ressent une usure professionnelle ?

Plusieurs démarches existent avant l’arrêt long. La visite de préreprise ou la consultation du médecin du travail permet d’envisager un aménagement de poste. Un bilan de compétences ou un conseil en évolution professionnelle aide à clarifier une reconversion. Un projet de transition professionnelle peut ensuite financer une formation qualifiante vers un métier moins exposé.

Le conseil en évolution professionnelle est-il payant ?

Non. Le conseil en évolution professionnelle est un service public gratuit et confidentiel, accessible aux salariés du privé et aux travailleurs indépendants, sans condition d’ancienneté ni de projet formalisé. Les rendez-vous se déroulent en agence ou à distance, avec un conseiller dédié, pour un besoin ponctuel comme pour un accompagnement dans la durée.

Sources et références

Statistiques et données officielles :

  • Malakoff Humanis (2026). Étude Absentéisme 2026 — communiqué de presse du 9 juin 2026. Malakoff Humanis. Taux d’absentéisme du secteur privé 2025 et répartition des arrêts par durée.https://newsroom.malakoffhumanis.com/assets/2026-06-09-cp-malakoffhumanis-etude-absenteisme-vdef-pdf-370f7-63a59.html
  • Malakoff Humanis (2026). Étude Absentéisme 2026 — info presse du 30 juin 2026. Malakoff Humanis. Proportion de salariés du privé ayant connu au moins un arrêt de travail en 2025.https://newsroom.malakoffhumanis.com/assets/0626-info-presse-absenteismeprev-26-llm-pdf-a93dc-63a59.html
  • Malakoff Humanis (2026). L’absentéisme, un fait de société — Étude Absentéisme 2026. Malakoff Humanis. Méthodologie : traitement anonymisé des DSN (3,8 millions de salariés) et analyse de 321 000 arrêts de plus de 30 jours.https://newsroom.malakoffhumanis.com/download-pdf/6a26d83cd5254e219402be7d
  • DREES (2024). Arrêts maladie : au-delà des effets de la crise sanitaire, Études et Résultats. Ministère des Solidarités et de la Santé. Évolution annuelle du volume d’arrêts maladie indemnisés entre 2010 et 2023.https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/241211_ER_Arrets-Maladie
  • Assurance Maladie – ameli (2026). Orientations 2026 du FIPU, annexe 2. Assurance Maladie – branche AT-MP. Dotation du Fonds d’Investissement dans la Prévention de l’Usure Professionnelle.https://circulaires.ameli.fr/sites/default/files/directives/CIR-DRP-CATMP_Orientations%202026-Annexe2.pdf
  • Sénat (2025). Rapport sur le PLFSS 2026 — branche AT-MP. Sénat. Progression des actions de prévention financées par le régime général en 2025.https://www.senat.fr/rap/l25-131-22/l25-131-221.html
  • Centre Inffo (2026). Bilan du conseil en évolution professionnelle en Auvergne-Rhône-Alpes. Centre Inffo. Nombre de bénéficiaires accompagnés en 2025 et 2024.
  • Lyon Entreprises (2025). Bilan régional du CEP en Auvergne-Rhône-Alpes. Lyon Entreprises. Nombre de sites d’accueil et taux de satisfaction 2024.
  • Mesinfos.fr (2025). Évolution du nombre de bénéficiaires isérois du CEP en 2024. Mesinfos.fr. Déclaration de Zohra Farrugia sur la progression régionale.

Auteur/autrice

  • Johan

    Passionné par l’univers de l'entreprise et du marketing, je publie sur entreprise-360.com des articles publi-rédactionnels.

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